Production écrite — réponse-modèle 233 mots
Les deux documents s’interrogent sur ce qui fait vivre une langue et convergent vers une même réponse : une langue vit de son usage et de sa capacité à se laisser transformer, non de sa pureté.
Le premier thème est celui de la pluralité. La conférence rappelle que le français se vit aujourd’hui majoritairement hors de France — à Kinshasa, Abidjan ou Montréal — et que la norme unique centrée sur Paris est une fiction : il existe un français pluriel dont les variétés s’enrichissent mutuellement. L’essai sur la traduction prolonge cette idée en montrant qu’une langue se nourrit du contact : le français philosophique s’est construit en traduisant le latin puis l’allemand.
Un deuxième point rassemble les textes : c’est le mouvement, non la conservation, qui garantit la vie d’une langue. Pour le conférencier, les langues meurent de cesser de servir, non de leur diversité ; l’essayiste affirme de même qu’une langue qui ne traduit plus « s’assèche », faute d’être dérangée.
Enfin, les deux sources écartent la même crainte. À l’inquiétude de l’éclatement, la conférence oppose la vitalité de l’usage ; face à la traduction automatique, l’essai rappelle qu’entre les langues il n’y a pas des équivalences, mais des négociations qui engagent quelqu’un.
En définitive, les documents suggèrent qu’une langue vivante est une langue partagée, plurielle et sans cesse retravaillée.
Note du correcteur- La problématique commune (« qui fait vivre une langue ? ») est annoncée dès la première phrase : c’est le réflexe attendu en synthèse.
Production orale — réponse-modèle
Exposé construit
À partir de documents sur la place du français dans le monde, présentez un exposé construit, puis défendez votre lecture.
Les documents portent sur la place du français dans le monde ; ma problématique serait : qu’est-ce qui garantit l’avenir d’une langue ?
Je défendrais d’abord la lecture selon laquelle le français vit surtout hors de France, et que sa pluralité est une force, non une menace.
J’ajouterais que le contact — par la traduction, par les créations francophones — nourrit la langue au lieu de l’affaiblir.
J’en conclurais qu’une langue vit tant qu’elle sert à créer, étudier et contester ; elle décline lorsqu’elle n’est plus qu’un patrimoine à défendre.
Débat avec le jury
— Le jury : La diversité ne risque-t-elle pas de casser l’unité de la langue ?
— Vous : C’est l’objection classique, et je la comprends. Toutefois, les documents rappellent que les langues meurent rarement de leur diversité. Une norme partagée peut coexister avec des variétés : c’est même ainsi que le français a toujours évolué.
Note du correcteur- Appuyez chaque affirmation sur un document précis (« la conférence… », « l’essai… ») : c’est ce qui distingue une lecture des documents d’une opinion générale.